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La situation inique qui prévaut et qui est sournoisement soutenue à Madagascar a largement dépassé les limites de la décence et du tolérable! Bref résumé de la situation Dans la semaine du 26 janvier 2009, les putschistes initient leurs forfaits par la mise à sac et l’incendie volontaire de biens individuels et de biens de l’Etat. Une milice payée pour ce faire a entraîné derrière elle les couches défavorisées de la cité ; la milice a ensuite sciemment mis le feu aux locaux dévalisés alors que de nombreuses personnes étaient encore à l’intérieur. Plus d’une centaine de personnes ont ainsi trouvé une mort affreuse. Les mêmes putschistes ont mené des milliers de personnes à l’assaut au Palais d’état d’Ambohitsorohitra, classé zone rouge, le samedi 7 février 2009, entraînant la mort de plusieurs personnes. Il est aujourd’hui de notoriété publique que les tireurs ayant causé le plus grand nombre de morts étaient éparpillés au sein même de la foule. Cette action devait permettre de mettre directement en cause la garde présidentielle et d’accuser le Président de la République d’assassinat. Ce qui fut fait ! En mars 2009, des éléments de l’armée et des forces de l’ordre ont été grassement soudoyés pour perpétrer un coup d’état. Un commando surarmé est envoyé le 16 mars 2009 pour s’emparer du Palais d’état d’Ambohitsorohitra. Un grand nombre de simples citoyens ont résolu de défendre le palais, mais face aux tirs à balles réelles dont ils ont fait l’objet, ils n’ont pas pu tenir. De la même façon, de nombreux mutins grassement payés ont encerclé le Palais d’état d’Iavoloha où était le Président de la République. Il était prévu d’en donner l’assaut le 17 mars 2009. C’est ainsi que le Président de la République a été obligé d’abandonner le palais pour défendre sa vie et celle de sa famille. La prise du pouvoir par la force des armes en un coup d’état perpétré par des mutins alliés à des civils eut lieu ce même 17 mars 2009, coup d’état unanimement condamné par la Communauté Internationale. Dès lors, les citoyens et patriotes malgaches se sont levés massivement pour exprimer pacifiquement leur ferme opposition à cet acte inique et honteux en ce troisième millénaire. Ces putschistes avaient promis la démocratie le jour où ils parviendraient au pouvoir. Les Malgaches vivent aujourd’hui sous la pire forme de dictature que l’on puisse imaginer, exercée par la terreur aveugle et la force des armes. Rien de tout cela n’échappe à la Communauté Internationale représentée dans ce pays! Le jardin d’Ambohijatovo avait été baptisée Place de la démocratie, et devait servir de forum libre et sans censure pour toutes les opinions de l’ensemble des citoyens malgaches. Lorsque les partisans de la légalité ont voulu y exprimer leur désapprobation et opposition au coup d’état qui venait d’être perpétré, il leur a été répondu par la mort et les blessures au bout des fusils, En guise de prime, il est désormais interdit d’utiliser la Place de la démocratie. Les leaders politiques opposés au coup d’état ont été arrêtés de façon indigne et inhumaine. L’Assemblée Nationale et le Sénat, avec des députés et des sénateurs régulièrement et démocratiquement élus, ont été dissous. Les parlementaires qui ont osé exprimer leur condamnation d’un tel acte ont été arrêtés et emprisonnés. Il en reste encore en prison à ce jour et, parmi eux figurent des enseignants d’université. Certaines familles de parlementaires ont été harcelées et terrorisées, d’autres ont vu leurs biens entièrement volés ou saccagés. Nombre de femmes et d’enfants et adolescents ont manifesté dans le calme leur opposition au coup d’état. Leur leader, en la personne de madame Ihanta Randriamandranto, a été arrêté et elle est encore emprisonnée aujourd’hui. Les journalistes qui ont osé critiquer le putsch ont été, eux aussi, arrêtés. Les médias télévisuels et radios opposés au coup d’état ont été réduits au silence par la force et tout leur matériel a été tout simplement volé par les émissaires de ce pouvoir inique. Le samedi 20 juin, des étudiants universitaires qui exprimaient leurs opinions ont essuyé les tirs des forces putschistes et certains d’entre eux sont encore en traitement à l’hôpital. La veille du 26 juin 2009, 49ème anniversaire du retour de l’indépendance de Madagascar, des députés ont été arrêtés avec leurs camarades de lutte, après avoir exprimé leur opinion dans une enceinte privée d’Ankorondrano. L’arrestation du directeur de Radio Fahazavana était aussi au programme et, comme les bourreaux ne l’ont pas trouvé chez lui, ils ont embarqué de force son épouse comme otage, à l’évidence. Les manifestations pacifiques contre le coup d’état ne se limitent pas à une ville ou à une région mais couvrent toute l’île. L’actuel pouvoir de transition fondé sur un coup d’état ne sait y répondre que par la terreur, l’emprisonnement, le cambriolage et l’assassinat. Majoritairement, les Malgaches vivent, depuis le mois de mars et dans tous les domaines, dans un climat permanent de violence directe ou indirecte. La « matrie » est prise en otage, les familles sombrent dans l’angoisse et la disette, nos enfants sont en danger immédiat. La Communauté Internationale a déjà affirmé sa condamnation ferme et définitive de ce coup d’état et elle a, dès avant ce drame, encouragé le dialogue entre toutes les parties concernées. Ces discussions ont commencé alors que le Président de la République légal et légitime était encore au pays : la partie adverse a donné sa réponse dans un coup d’état ! Elle dit accepter les négociations sous l’égide de la Communauté Internationale, et pourtant, elle ne cesse d’arrêter les leaders légalistes et partisans du retour à l’ordre constitutionnel à Madagascar. Des putschistes n’acceptent pas et n’accepteront jamais une solution pacifique. Il n’y a pas lieu de s’en étonner car ils savent très bien ce qui les attend dans le cadre d’un retour à la légalité et à l’ordre constitutionnel. En conséquence, nous, enseignants de l’Université d’Antananarivo, rassemblés dans le Collectif des enseignants universitaires de Madagascar, en appelons au sens éthique de la Communauté Internationale et l’interpelons une nouvelle fois pour qu’elle prenne les responsabilités qui sont de son ressort dans ce drame naissant. Le peuple malgache souffre profondément de ce coup d’état et attend que la Communauté Internationale concrétise sa condamnation par des actions visibles et par la recherche des voies et moyens qui mèneront à une solution juste et équitable, légale et conforme à la Constitution de Madagascar. Nous demandons à la Communauté Internationale de mettre fin aux aides indirectes qu’elle continue de verser à ce pouvoir inique, et dont le peuple malgache ne bénéficie pas en réalité. Nous appelons la Communauté Internationale à obliger ce pouvoir à libérer tous les citoyens et citoyennes emprisonnés pour leurs opinions, et à mettre fin aux arrestations, actes de terrorisme et violences en tous genres. Nous appelons la Communauté Internationale à user de tous les moyens entre ses mains pour hâter le retour à la légalité à Madagascar, et ne pas attendre un autre accès de violence et la ruine de l’économie nationale avant de réagir en conséquence. La condamnation du coup d’état à Madagascar et de ses conséquences néfastes ne doit pas rester au niveau des mots, mais se traduire par des actions concrètes qui seules prouvent la sincérité des paroles ! Antananarivo, le 27 juin 2009 Le Coordinateur du Collectif des Enseignants Universitaires de Madagascar, Hasina A.
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