Au début de cet article, je tiens à préciser que notre objectif n’est pas de nous disputer avec les morts (miady amam-paty) encore moins d’ironiser les victimes (manenji-dresy) de la tragédie survenue dimanche dernier à Soanierana Ivongo, mais certains éclaircissements doivent être apportés.
Depuis l’annonce de sa mort, tout le monde (je parle ici du microcosme politique auquel elle a appartenu) essaie tant bien que mal de louer les efforts, les actions de bonne volonté, effectués par Nadine Ramaroson, de son vivant. « Nous avons perdu, une mère, une amie, une bienfaitrice » bafouillent les interviewés ou encore les bénéficiaires de cet acte de bienfaisance. Certains vont même aller jusqu’à la traiter d’ange (anjely). Mais non, arrêtons de voir tout en ange. Effectivement le pays perd des citoyens, mais de là à traiter une d’entre eux de héros, n’est pas un peu de l’exagération ? J’ai longtemps médité sur ce que je vais bien pouvoir écrire concernant ce drame, mais je n’ai fait que placer quelques lignes, attendant de voir les multiples réactions de tous les malagasy. Et aujourd’hui je suis fixée, et le choix de la publication de cet article, lors de la date des funérailles, désignée comme un jour de deuil national, ne me semble pas fortuit.
Analysant tous les faits, écoutant les différents témoignages des rescapés et des tompon-tany, je tire ma conclusion « non, Nadine n’est pas un héros national, au contraire, elle est la principale responsable de la mort de ses subordonnés, et surtout des habitants de Soanierana Ivongo, qui ont péris lors du sauvetage des passagers du Black Shark ». En terme juridique, on parle ici d’homicide involontaire, car les tompon-tany, les organisateurs, tout le monde l’a prévenue d’avance qu’il est dangereux de faire une traversée en pareille circonstance, c'est-à-dire après 13h de l’après-midi, et cela tout le monde le reconnaît. Pas besoin d’être devin, pour le savoir. De plus Sainte Marie et Sonierana Ivongo sont réputés par leurs vagues violentes, et surtout par la fameuse embouchure (vinany). Rappelons ici le témoignage de l’organisatrice du festival « efa tokony ho nandeha tamin’ny 12 ora ny delegasiona, saingy mbola nihaona tamin’ny fikambanana vehivavy Ramatoa Ministra. Nilaza taminy izahay hoe 5 minitra ihany no omenay anao, saingy tsy nivoaka tao izy raha tsy tamin’ny 2 ora mahery. Nilaza taminy izahay ary hoe aza mandeha intsony fa masiaka ny rano, saingy tsy resy dohika izy, fa nilaza fa tsy maintsy mandeha. Izy moa manam-pahefana, izahay olo-madinika, ka dia navelanay nandeha izy … » Et je reviens sur l’affirmation « izy moa manam-pahefana… » et oui, voilà où mène l’abus de pouvoir. Si Nadine Ramaroson s’était résolue à écouter les autres, on n’en serait pas à enterrer 13 de nos concitoyens dont un collègue journaliste. Et la nature a bien d’autres tours dans son sac, les détenants du pouvoir n’ont qu’à bien se tenir. Car la nature a bien prouvé que nul ne peut aller à son encontre, même ceux qui pensent disposer de tout, argent, force, pouvoir.
Vous vous dites sûrement que je suis sans pitié, vous allez sûrement me demander d’avoir un minimum de respect pour les morts, et aussi pour les familles, mais je l’ai fait. Je l’ai fait lorsque je n’ai émis aucun commentaire auparavant, mais les considérations faites sur les autres victimes du drame, m’ont fait sortir de mon silence. Et concernant, la défunte, elle a eu ce qu'elle a toujours désiré non ? celui d'être ministre jusqu' à sa mort ( ministra mandra-pahafatiny). Terminant mon article, respect à nos héros, les vrais, qui, sans équivoque étaient les vrais bienfaiteurs de la nation.
RIP à vous héros malagasy!!!