Mesdames et Messieurs,
En premier lieu, nous aimerions exprimer notre gratitude au
Président, au Gouvernement et au Peuple Mozambicains. Vous avez accepté
encore une fois d’abriter cette réunion. Le Peuple Malgache vous en
sera toujours reconnaissant.
La signature des Accords et Chartes de la transition en ces mêmes
lieux, il y a quinze jours, constitue une étape importante pour la
résolution pacifique de la crise politique à Madagascar.
Nous tenons à réitérer nos vifs remerciements à tous ceux qui y ont
apporté leur contribution : à l’Équipe de Médiation dirigée par le
Président Chissano, aux leaders politiques, aux délégations
respectives, aux représentants des médias, ainsi qu’à tous les
différents responsables.
Nous arrivons à une étape décisive.
La Mouvance Marc Ravalomanana a toujours donné son accord pour une
sortie de crise pacifique par la voie de la négociation. Elle a fait
siennes les décisions et résolutions de la SADC reprises par l’Union
Africaine et le reste de la Communauté Internationale.
La mouvance Marc Ravalomanana est toujours déterminée à coopérer entièrement avec l’Equipe de Médiation.
Immédiatement et sans conditions, la Mouvance Marc Ravalomanana
s’est conformée strictement aux dispositions des Accords de Maputo,
notamment la cessation de toutes manifestations susceptibles de créer
des tensions politiques et sociales.
La mouvance Marc Ravalomanana tient à réitérer son attachement au
retour à l’ordre constitutionnel et au respect des droits humains.
La Constitution malgache dispose en son Article 6 « la souveraineté
appartient au peuple, source de tout pouvoir, qui l’exerce par ses
représentants élus, au suffrage universel direct ou indirect ou par la
voie du référendum.
Et aucune fraction du peuple ni aucun individu ne peut s’attribuer
l’exercice de la souveraineté ». Cette disposition n’étant pas
contraire à la Charte de la Transition, reste en vigueur.
Le Président Marc Ravalomanana a solennellement déclaré qu’il ne
participera pas personnellement à la gestion de la transition.
Cependant, cette décision n’enlève en rien sa qualité de Président
démocratiquement élu.
En tant que tel mais brutalement évincé en cours de mandat, nous
estimons que, de plein droit et par respect de la majorité des
électeurs spoliés de leur vote par le changement anticonstitutionnel,
la présidence de la transition doit revenir à la mouvance Marc
Ravalomanana.
Mais par respect des dispositions de la Charte de la transition en son
article 1, sur le principe d’une transition neutre, inclusive,
pacifique et consensuelle et, et au nom de l’intérêt supérieur de la
Nation, nous sommes disposés à négocier avec les Mouvances Ratsiraka et
Zafy quant à la Présidence de la transition mais non avec la Mouvance
Andry Rajoelina.
Par ailleurs, respectueuse des principes démocratiques
universellement reconnus, la mouvance Ravalomanana ne dérogera jamais
au respect du droit de vote de citoyen. Par conséquent, elle
n’acceptera jamais la légitimation d’un auteur d’un changement
anticonstitutionnel à la Présidence.
La mouvance Ravalomanana ne voudrait être ni complice ni responsable
de tel mauvais exemple pour la région et pour le continent, voire pour
le monde entier. Oserons-nous prendre cette décision qui serait une
insulte pour les citoyens responsables qui ont pris la peine d’exprimer
leur choix par la voie des urnes ?,
Ce sera aussi une validation internationale de la violation d’une
convention internationale qu’est le Pacte International sur les droits
civils et politiques.
Adoptons une bonne fois pour toutes et pour servir d’exemple en
Afrique que dans toutes négociations de sortie de crise, un auteur de
changement anticonstitutionnel ne doit pas être aligné sur le même pied
d’égalité avec un ou des Chefs d’Etat démocratiquement élus.
La sanction principale des auteurs d’un changement
anticonstitutionnel est la non attribution de poste gouvernemental
particulièrement la présidence de la transition.
Par ailleurs, outre la Présidence de la transition, la mouvance Marc
Ravalomanana est également en droit de faire prévaloir sa qualité de
Président démocratiquement élu pour detenir le privilège de choisir les
titulaires des ministères de souveraineté.
A l’appui de nos requêtes, nous nous referons :
- Aux principes de la SADC et des Nations Unies en matière de règlement de crise ;
- Aux Accords de Cotonou – A la Déclaration de l’OUA face aux
changements anti-constitutionnels de gouvernement. à l’occasion de la
36ème de l’ OUA à Lomé, Togo, du 10 au 12 juillet 2000 . Doc AHG/Décl.
5 XXXVI de Juillet 2000 ;
- A la Décision de l’OUA sur les changements anticonstitutionnels
de gouvernement en Afrique lors du même sommet de Lomé Doc [CM /2166
(LXXII)] AHG/Déc. 150 (XXXVI)
- A la Constitution de Madagascar
Par conséquent, nous, Mouvance Marc Ravalomanana, nous prévalant des
avantages ci-dessus énoncés et sans renier l’esprit d’une transition
consensuelle et inclusive, requérons la présente Assemblée de faire
droit à nos demandes.
Et ce sera justice.
Nous vous remercions
La Mouvance Marc Ravalomanana