L’affaire Tiko refait surface. Suite à l’intervention des huissiers ayant voulu saisir les biens de la société à Andranomanelatra, Mahafaly et Antsirabe, suite à l’ordonnance 260AG/12 du 16 avril 2012, en vue d’une vente aux enchères, les responsables du groupe ont déposé une lettre d’opposition. En effet, selon l’explication du bâtonnier Solo Radson, représentant juridiquement le groupe, « la société a eu gain de cause auprès du tribunal d’Antananarivo lors de son verdict du mois de Novembre 2009, autorisant la reprise des activités de Tiko, renforcée par le verdict de la cour d’appel le 7 juillet 2010». Selon encore le bâtonnier Radson, « l’état a procédé récemment à une exécution forcée mettant en péril la décision de la justice malagasy ».
Après le dépôt de la lettre d’opposition, la justice dispose de trente jours pour se positionner. Pourtant, certaines personnes auraient donné l’ordre à ce que cette décision sorte ce vendredi 4 mai et se prononce en faveur de l’état. L’état aurait remis sur le tapis les dettes fiscaux qui remonteraient à plus d’une centaine de milliards d’ariary. Selon, le directeur financier du groupe, Faliniaina Ratsimbazafy, « la direction des douanes et le groupe ont fait des concessions et ont établi ensemble un calendrier de paiement. Mais l’état n’a pas respecté les engagements. Hormis la dénonciation publique à travers les médias des montants relatifs aux impôts impayés avant le redressement fiscal constituant une violation du secret professionnel, l’autorité de fait a procédé à la réquisition et à la vente des huiles, riz et farines au sein de l’usine Top Toamasina, produits qui ont été « nantis » à la banque. L’état a aussi bloqué les comptes du groupe et a sorti des notes de service interdisant l’exportation des produits aux niveaux des douanes.
En 2009, la société a engagé un redressement fiscal. Notification provisoire en main, Tiko s’y est fortement opposée. Pour la simple raison que la société serait redevable de plusieurs centaines de milliards d’ariary, alors que les chiffres exactes seraient de 25 milliards d’ariary, dont une partie aurait été acquittée en 2008.
Malgré ces agissements considérés comme « injustes et illégaux » pour les dirigeants, la famille Ravalomanana, propriétaire du groupe entend remettre les sociétés rapidement sur les rails. « La grande famille de Tiko group a pardonné ceux qui ont conduits à la perte du groupe, fruit de trente années de dur labeur de mes parents. Cependant, la devise « Tsara Mahasalama » et « hanasoa ny mpiara-belona » nous a renforcé et nous a incité à repartir sur de nouvelles bases, avec encore la force d’aider nos concitoyens. Je me lève actuellement pour vous annoncer que le groupe redémarrera bientôt» déclare Tojo Ravalomanana. « Depuis le début de cette crise, près de 500.000 emplois ont été perdus, 750.000 enfants malagasy ont été déscolarisés selon l’Unicef. Plus de 3000 employés de Tiko sont actuellement en chômage, et plus de 20.000 fermiers procèdent à une vente à perte de leurs produits, comme le lait, l’avoine, le riz, le soja, et d’autres fruits. Aussi, j’exhorte le peuple à enterrer la hache de guerre, de cultiver le fihavanana malagasy en vue d’une reconstruction du pays » termine le fils cadet de Marc Ravalomanana.
Tiko en chiffres :
Avant le 26 janvier 2009 ou le « black Monday »
- Extension du groupe dans tout Madagascar dont 11 Malagasy Grossistes
- 3000 employés directs/ 11.000 employés indirects
- 20.000 partenaires (fournisseurs, prestataires, grossistes)
- Masse salariale de 8 milliards d’Ariary, générant 1,6 milliards d’Ariary d’impôts.
- Investissement de près de 210 milliards d’Ariary dans le secteur agro-alimentaire, de 1979 en 2008.
- Chiffres d’affaires de 420 milliards d’Ariary.
- Part de marchés en PPN : 60% riz import, 71% farine, 70% huile de soja, 40% lait.
Après le « black Monday »
- Dégâts causés par les actes de pillage, vandalisme et incendie : évalués à 102 milliards d’Ariary
- Vols de marchandises en stocks tels que la farine, le riz, les produits laitiers jusqu’au 10 Juin : près de 24 milliards d’Ariary
- Perte sur les produits saisis et réquisitionnés pour la transformation et vente illégale : 19 milliards d’Ariary
- Manque à gagner depuis le 26 Janvier au 31 Mai 2009 : 14 milliards d’Ariary, (montant qui a encore augmenté jusqu’à ce jour).