Conférence-débat 17 octobre 2009

Le collectif GTT Gasy Tia Tanindrazana a organisé une Conférence-débat le samedi 17 octobre 2009 à Paris sur le thème "Comment peut-on aider le peuple malgache dans sa lutte pour la liberté ?".

 Lors de la conférence-débat que le collectif GTT Gasy Tia Tanindrazana a organisée à Paris le samedi 17 octobre 2009, nous avons eu l'honneur d'accueillir par téléphone en direct de Madagascar un invité surprise,  le sénateur Roland Ravatomanga, membre de la délégation du Président Ravalomanana lors des sommets de Maputo.

Écoutez ci-dessous l'intégralité de son intervention, y compris les questions-réponses avec l'auditoire.

La conférence qui s'est déroulée samedi 17 octobre et ayant pour thème la situation de Madagascar suite au coup d'état du 17 mars, avait pour but d'éclairer les ressortissants français des réels problèmes que vivent les Malagasy depuis 9 mois déjà.

Après l'hymne national, entonné en choeur par l'assistance, quatre intervenants du collectif GTT, Simone Ranjalahy, Laza Nomenjanahary, Espéré Ranivo et Miary Rajaonarivony ont chacun pu exposer les impacts de la crise sur Madagascar et surtout sur sa population.

Simone Ranjalahy a fait une introduction succinte en présentant les thèmes abordés ainsi que les intervenants. Un invité surprise prendra la parole en cours de soirée.
Simone Ranjalahy a donné donc la parole au premier intervenant.

Impacts socio-économiques en milieu rural
Laza Nomenjanahary a apporté des indications chiffrés sur les conséquences socio-économiques du coup d'état pendant le 1er semestres 2009 dans les milieux ruraux, milieux dont on oublie souvent quand on parle de cette crise de Madagascar où l'on ne montre que les problèmes rencontrés dans les grandes villes.
Cette étude relatée par l'intervenant a été financée par l'Union européenne et s'est axée sur l'administration rurale et les ménages ruraux sur les plans suivants :

  • scolarité et éducation : suspension des cours
  • santé : difficulté sensible au niveau des dispensaires (manque de médicaments et de matériels),  conséquence de la restriction budgétaire due à la crise et à la suspension des aides extérieures.
  • Sécurité publique : recrudescence de l'insécurité rurale, oblservée dans l'Alaotra, Vakinankaratra et Vatovavy Fitovinany
  • pouvoir d'achat des ménages : la production rurale ne trouve pas preneurs du fait que les ménages des grandes villes sont aussi confrontés à la baisse de leur pouvoir d'achat. 75% des ménages ruraux ont déclaré une baisse de 35 à 80% de leur revenue au 1er semestre 2009

Contexte général, Liberté individuelle et Droit de l'Homme

 Espéré Ranivo, quant à lui, a exposé le contexte général, catastrophique sur tous les plans :
économique, car passant d'une période faste de 7% de croissance, Madagascar a vu en l'espace de quelques mois une croissance négative, non seulement due au coup d'état, mais surtout à l'incompétence de gestion des auteurs du coup d'état.

La monnaie malagasy a perdu beaucoup de sa valeur en quelque mois : 1 euro, passant de 2400 ariary en janvier à 3000 ariary actuellement.

80000 salariés ont perdu leur travail depuis février 2009, début de la crise à Madagascar.
 Net recul de la Liberté individuelle : répression et interdiction de manifestation sur les espaces  publics sont le lot de toute la population depuis 9 mois.

Les Droits de l'Homme sont bafoués : l'assistance à pu ainsi écouter le témoignage vidéo de la sénatrice Naike Eliane où elle relate les exactions faites à son encontre par les hommes du tristement célèbre commandant Charles et de son comparse Lylison. Des video sur l'arrestation arbitraire et musclée du Premier Ministre Manandafy Rakotonirina ont été projetées à l'attention de l'assistance française venue nombreuse à la conférence.

Les derniers événements suite aux accords de Maputo

Miary Rajaonarivony a fait un bref rappel de la situation suite au coup d'état du 17 mars 2009. La communauté internationale, en vue d'une résorption rapide de la crise a crée le GIC (groupement international de contact), composé des représentants de l'ONU, UE, UA, SADEC et COI.
Une sortie de crise entre malagasy en a été le but : le GIC a donc appelé à la discussion les anciens Présidents Ratsiraka, Zafy Albert, le président en exercice Marc Ravalomanana et le putschiste Andry Rajoelina.. Maputo I a été initié du 6 au 9 août 2009 où l'on a vu trois Chartes signés par les 4 chefs de fil :
La Charte de la transition : qui définit le rôle de la transition et des insitutions qui la composeront (CST, conseil supérieur de la transition : joue le rôle de L'Assemblée ; CT, congrès de la transition, équivalent du Sénat ; CES, organe consultatif sur le plan social et économique ; CNEI, commission nationale électorale indépendante qui sera chargée de la préparation des éléctions libres, transparentes)
La Charte des valeurs : charte de non-agression entre les 4 mouvances, signée par les 4 Chefs de fil.
L'accord de Maputo : où les 4 chefs de fil ont signé l'amnistie pour tous les évènements antérieurs à 2009, ainsi que l'arrêt des poursuites à l'encontre du président Ravalomanana.

Dans ces accords de Maputo I, aucun prisonnier politique ne devrait plus être emprisonné. Or, on constate aujourd'hui que plus de 70 personnes sont encore en prison pour leurs opinions politiques : les putschistes au pouvoir n'ont respecté aucun des engagements signés par leur chef d fil.

Maputo II a été initié pour une répartiton des postes des différentes institutions décidées lors de Maputo I. Nous savons tous, que la rencontre s'est soldée par un échec, car aucun nom pour diriger la Transition et le gouvernement transitoire n'a été décidé, faute d'accord neutre, consensuel et inclusif : principe fondamental des accords signés lors de Maputo I.

Une réunion consultative s'est tenue le 6 octobre à l'hôtel Carlton à Antananarivo, où une forte délégation d'une cinquantaine de membres du GIC s'est déplacée. Cette réunion ne devait être que consultative comme annoncée dès le départ. Aucune signature n'a donc été faite car aucune décision ne devrait être prise. Le GIC a pourtant sorti un communiqué avec des noms proposés. Ces noms étaient pris pour effet direct, Rajoelina a sorti un décret de nomination d'un Premier Ministre.
Devant ce putsch diplomatique, la mouvance Ravalomanana rejette en bloc le communiqué du GIC qui montre une ingérence flagrante : le principe de la souvenrainté nationale a été bafoué.

A ce moment de la conférence, une personnalité malagasy est intervenue de Madagascar par téléphone.

Invité : Monsieur le Sénateur Roland Ravatomanga, questeur du Sénat, membre de la délégation de la mouvance Ravalomanana dans toutes les négociations depuis Maputo I

Écouter l'intégralité de l'intervention du sénateur Roland Ravatomanga

Après les salutations d'usage. Le sénateur Roland Ravatomanga remercie le collectif GTT d'oeuvrer sans relâche pour le soutien des actions des légalistes à Madagascar et du Président Ravalomanana, le chef de fil de la mouvance.
Le sénateur Ravatomanga a fait un rappel des évènements depuis le mouvement de foule manipulée en janvier 2009. Il affirme n'avoir vu de sa vie autant de violence à Madagascar. La base du mouvement 2009 a-t-il dit, est un acte militaire avec la complicité de personnes n'ayant jamais pu réussir à se faire élire aux differents suffrages universels qui se sont déroulés à Madagascar : leur seule chance d'être au pouvoir est ce coup d'état militaire perpétré et initié par quelques civils dont Andry Rajoelina.  On n'a jamais vu autant d 'exactions, d'arrestations et de perquisitions arbitraires, sans mandats. Tous les dirigeants de la mouvance Ravalomanana ont tous eu des menaces de tous genres de la part des putschistes au pouvoir Aucune considération de leurs statuts d'élus n'est respecté : 70 parlementaires de la mouvance Ravalomanana sont encore emprisonnés arbitrairement.

Délégation

Le Sénateur Roland Ravatomanga était membre de la délégation de la mouvance Ravalomanana de toutes les négociations. « Toutes ces négociations se sont passées correctement, tous ont pu s'exprimer librement, sans pression ni orientation » a-t-il affirmé. « Mais.....Le 6 octobre dernier au Carlton à Antananarivo, la réunion dirigée par Jean Ping était très partiale. Dès l'ouverture de la réunion, qui devait être uniquement   consultative, les responsables du GIC ont considéré que les propositions de Maputo II sont des acquis définitifs, ils ont donc avancé le nom de Rajoelina à la présidence de la transition. » Le sénateur Ravatomanga affirme et réaffirme que « la mouvance Ravalomanana a demandé à quitter la salle pour montrer sa désapprobation, mais Monsieur Chissano a demandé à la délégation de rester pour ne pas faire capoter la réunion. Ne voulant pas être accusés de saboteur, la délégation est restée. Le communiqué du GIC est sorti sans l'approbation de la délégation de la mouvance Ravalomanana.»
Le Président Ravalomanana, après avoir eu connaissance du compte rendu de la délégation, a écrit personnellement à Monsieur Jean Ping pour signifier que tout ce qui a été dit au Carlton le 6 octobre , n'aura pas sa siganture. Une rencontre des 4 chefs de fil aura lieu probablement le 30 octobre sur le Continent africain, Addis Abeba reste une proposition.

Après avoir exposé les faits sur la dernière rencontre des 4 délégations avec le GIC à Carlton, le sénateur Roland Ravatomanga a répondu aux questions  des membres de l'assistance de la conférence, telle : est-ce que les manifestations des légalistes se déroulent uniquement à Antananarivo ?  Le Sénateur à répondu que les Régions bougent aussi, ainsi à Antsirabe cette semaine, 3 jours de manifestation ont été initiés pour sensibiliser la population. Toliary a commencé ce samedi et Toamasina la semaine qui vient. Ces manifestations de sensibilisation et d'information ont vu et verront la participation des parlementaires de la mouvance Ravalomanana car sur 120 parlementaires, 80 soutiennent le retour du président Ravalomanana. La grande majorité des maires et des Fokotany sont légalistes. Malheureusement, du bureau permanent du Sénat, le sénateur Roland Ravatomanga est le seul aujourd'hui à oser montrer son opinion politique. Le silence des autres n'équivaut pas à un reniement, mais tout simplement émane de la peur qu'ils ont des exactions et des menaces des putschistes que le sénateur Roland Ravatomanga qualifie de "moyenâgeux, indignes de notre époque". Le président du Sénat a été obligé de quitter Madagascar, car poursuivi physiquement dans les rues de Tana par les éléments du putschiste qui avait peur, que le Président du Sénat reprenne le cours de l'ordre constitutionnel, étant le numéro 2 dans cet ordre.  Il ya aussi ceux qui ont retourné leur veste, tout le monde peut les voir dans les médias.

En guise de conclusion, le sénateur Ravatomanga a adressé ce message :

« Nous sommes et nous resterons légalistes. Madagascar n'a jamais connu un Président ayant autant oeuvré pour son pays que le Président Ravalomanana. C'est pour cela que nous devons nous battre pour qu'il revienne au pays continuer l'oeuvre de prospérité qu'il a initiée. L'engagement que vous, le collectif GTT pour soutenr vos compatriotes à Madagascar, est déjà une aide pour nous et je vous en remercie, car la lutte est encore dure. Je vous demande donc de continuer à soutenir les légalistes de Madagascar, tant moralement que matériellement. »

Après l'intervention du sénateur Ravatomanga, le débat s'est poursuivi sur le thème : « Le débat d'idées a été fait concernant cette crise, place maintenant à la recherche de solutions concrètes pour s'en sortir et atteindre notre objectif : le retour de la Légalité incarnée par le président Ravalomanana.»

Le débat s'est poursuivi autour d'un pot de l'amitié. Beaucoup de solutions ont été avancées. Le collectif GTT aura l'occasion de remettre à plat toutes les propositions et en tirer les meilleures pour la poursuite de ses actions pour le «Tanindrazana.»